
ENVIRONNEMENT
En Louisiane, le projet Meta de centre iA réunit contre lui écologistes et industriels
Le projet de Meta dans la paroisse de Richland, en Louisiane, vise à construire l’un des plus grands centres de données d’intelligence artificielle.
PAR JC JABOUIN - ASTEUR.LA, MARDI 5 AOÛT 2025

Crédit : Image par Pixabay
Le projet de Meta dans la paroisse de Richland, en Louisiane, vise à construire l’un des plus grands centres de données d’intelligence artificielle du pays. Pour alimenter cette infrastructure, Entergy, fournisseur d’électricité local, prévoit de bâtir plusieurs centrales à gaz naturel et une ligne de transport dédiée. Ces installations, bien que présentées comme nécessaires au développement technologique et économique, suscitent des inquiétudes. Les besoins énergétiques du centre dépassent largement la capacité actuelle du réseau, posant la question du coût réel de cette expansion pour les habitants et les entreprises locales. Le projet met en lumière les tensions entre innovation numérique et dépendance aux énergies fossiles dans une région déjà marquée par des enjeux environnementaux et sociaux complexes.
Face à ce projet, une coalition inhabituelle s’est formée entre groupes écologistes et entreprises pétrochimiques. Les premiers dénoncent les impacts sanitaires et climatiques des nouvelles centrales, craignant une aggravation des émissions de gaz à effet de serre et une dépendance prolongée aux combustibles fossiles. Les seconds, regroupés au sein du LEUG, s’inquiètent du modèle économique proposé par Entergy, estimant que les coûts et les risques pourraient être transférés aux contribuables, y compris industriels. Cette convergence d’intérêts, bien que motivée par des raisons distinctes, révèle une critique commune du monopole énergétique et du manque de transparence dans le processus réglementaire. Elle interroge sur la gouvernance des infrastructures énergétiques à l’ère des géants technologiques.
Meta affirme vouloir compenser son empreinte carbone par des investissements dans les énergies renouvelables et des aides locales. Entergy, de son côté, assure que les coûts seront majoritairement pris en charge par Meta et évoque des technologies futures comme l’hydrogène ou le captage du carbone. Pourtant, des doutes persistent : les centrales pourraient fonctionner bien au-delà du contrat initial de 15 ans, et les bénéfices en termes d’emplois ou de développement local restent incertains. Cette situation soulève des questions plus larges sur le financement public d’infrastructures privées, la durabilité des modèles énergétiques et le rôle des acteurs technologiques dans les territoires ruraux. Le débat reste ouvert, invitant à une réflexion collective sur les choix énergétiques et économiques à venir.
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