
ECONOMIE
Crédits carbone forestiers : la Louisiane au cœur d’un marché mondial en mutation
En 2025, la Louisiane a conclu un accord inédit avec une multinationale pour transformer ses forêts en source de crédits carbone. Ce partenariat…
PAR JC JABOUIN - ASTEUR.LA, LUNDI 18 AOÛT 2025

Crédit : Image par Pixabay
En 2025, la Louisiane a conclu un accord inédit avec une multinationale pour transformer ses forêts en source de crédits carbone. Ce partenariat illustre l’intérêt croissant des entreprises pour les compensations climatiques, dans un contexte de durcissement des réglementations à l’étranger et de stagnation aux États-Unis. À l’échelle mondiale, les retraits et émissions de crédits carbone ont atteint des niveaux records, portés par les objectifs climatiques à l’horizon 2030. Si certains saluent une opportunité de valoriser les ressources naturelles, d’autres s’interrogent sur la réelle efficacité de ces mécanismes pour réduire les émissions. Le projet louisianais s’inscrit dans une dynamique globale, mais soulève des questions sur la gouvernance et la transparence des marchés volontaires du carbone.
Le marché des crédits carbone forestiers connaît une expansion rapide. En Europe, la demande dépasse déjà l’offre, avec des prix en forte hausse : jusqu’à 70$ la tonne en 2025, et des prévisions allant jusqu’à 150$ d’ici 2035. Cette pression pousse les entreprises à sécuriser des crédits à l’avance, souvent dans des pays comme les États-Unis, où les ressources forestières sont abondantes. Des programmes internationaux comme CORSIA ou la directive européenne sur les allégations environnementales renforcent cette dynamique. Toutefois, certains experts alertent sur la nécessité de garantir la qualité des projets, notamment en matière d’additionnalité et de pérennité. Le débat reste ouvert sur la capacité de ces mécanismes à répondre aux enjeux climatiques sans créer de distorsions ou d’effets d’aubaine.
L’accord en Louisiane pourrait ouvrir la voie à d’autres initiatives similaires dans des États forestiers américains. Face à la demande croissante de crédits de haute intégrité, les propriétaires fonciers sont incités à s’engager dans des projets certifiés. Cependant, des études montrent que seule une partie des crédits émis entraîne des réductions d’émissions réelles, ce qui pousse les acheteurs à privilégier des méthodologies rigoureuses. Les entreprises qui investissent tôt pourraient bénéficier d’un avantage stratégique, alors que les crédits de qualité deviennent plus rares. Ce mouvement soulève des enjeux complexes : comment concilier rentabilité, rigueur scientifique et justice climatique ? Le débat reste ouvert, et l’évolution du marché dépendra autant des choix politiques que des pratiques des acteurs privés.
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