ECONOMIE

La Louisiane concentre un nombre record de projets de CSC

Avec plus de 65 projets recensés en 2024, la Louisiane devient l’épicentre américain du captage et stockage du carbone.
Brève par JC Jabouin - Asteurla.com, Mercredi 18 février 2026

Gazoduc

Crédit : image par Pixabay

Ce qu'il faut savoir : Malgré une opposition de plus en plus visible, la Louisiane compte au moins 65 projets de capture et stockage du carbone (CSC), le total le plus élevé des États‑Unis selon l’EIP. Ces projets incluent des installations industrielles, des puits d’injection de classe VI et au moins 11 pipelines destinés au transport du CO2. Le CSC vise à capter les émissions industrielles (raffineries, ammoniac, hydrogène, centrales) pour les injecter dans des formations souterraines profondes plutôt que les relâcher dans l’atmosphère.

Pourquoi c’est important : L’État concentre un corridor industriel majeur le long du Mississippi, où se trouvent des dizaines de grands émetteurs pouvant mutualiser le CSC pour réduire leurs émissions déclarées. Les crédits d’impôt fédéraux renforcés depuis 2022 rendent ces projets attractifs, avec des incitations pouvant atteindre 85 dollars par tonne stockée. La géologie locale, formations salines profondes et gisements épuisés, est considérée comme favorable au stockage à long terme.

Pourquoi ce n’est pas si simple : Les écologistes alertent sur un déploiement plus rapide que les capacités de contrôle, dans un État comptant des milliers de puits abandonnés susceptibles de devenir des voies de fuite. Les risques évoqués incluent l’asphyxie en cas de fuite, la sismicité induite et la contamination des eaux souterraines. L’accident de Satartia (Mississippi) en 2020, qui a envoyé 45 personnes à l’hôpital, illustre la dangerosité potentielle des pipelines. Une partie des projets traverse en outre des communautés déjà fortement exposées à la pollution, soulevant des enjeux de justice environnementale.

La France structure une filière CCUS plus graduelle, encadrée par une stratégie nationale publiée en 2024. Le captage est présenté comme un « dernier recours » pour les émissions incompressibles, avec un objectif de 4 à 8 Mt/an captées d’ici 2030. Les projets se concentrent sur quelques hubs industriels (Le Havre, Dunkerque, Rhône), et le CO₂ sera d’abord exporté vers la mer du Nord faute de sites nationaux opérationnels. Les débats portent sur les coûts, jusqu’à 2,5 milliards d’euros pour le projet GOCO2, et sur les impacts territoriaux des futurs réseaux de transport.


ECONOMIE CAPTAGE DE CARBONE

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